Grand Angle : L’entreprise Snapp’ et sa dernière application FidMe

Emmanuel, le 29 décembre 2010

Entreprise : Snapp’
Application : FidMe
Compte Twitter : @Snapp_fr
Lien iTunes vers l’application

Snapp’ a récemment sorti une nouvelle application pour mobile (disponible sur la plupart des plateformes) : FidMe. Nous avons voulu en savoir plus et vous proposons une interview de Laurent Bourgitteau-Guiard, directeur général de Snapp’. Nous le remercions grandement d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Présentation

FidMe enregistre les cartes de fidélités (via un scan) afin de libérer nos portefeuilles. Bientôt l’application permettra également de recevoir des coupons et des offres personnalisées des magasins. Grâce à son outil de reconnaissance de code barre, il suffit de passer sa carte devant l’objectif du téléphone mobile et de saisir son numéro client. Une fois les cartes enregistrées sur le téléphone, le client n’a plus qu’à présenter son téléphone en magasin et à faire scanner le code barre affiché sur l’application.

Voici une vidéo de démonstration du service :

L’interview

Commençons par l’entreprise, Snapp’, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Snapp’ est une jeune Start up bordelaise d’une quinzaine de personnes spécialisée dans le développement d’applications multiplateformes. Forte de 5 ans d’expertise dans les différents types de terminaux, Snapp’ s’est spécialisée dans le déploiement d’applications de commerce mobile (Cdiscount, RueDuCommerce, MacWay, etc.) et de dématérialisation de cartes de fidélité mobiles (Bizzbee, Jules, Ticket Restaurant, etc.).

Pouvez-vous détailler la démarche des entreprises qui font appel à vous ? Comment ont-elles connu Snapp’ ?

La majeure partie de nos clients sont des grands comptes, nous travaillons en B2B et B2C (Business to Business et Business to Customer, ndlr), où plus un client a d’utilisateurs, plus son application a un fort potentiel de développement.

Nous travaillons d’arrache-pied depuis plus de 5 ans, nos client nous connaissent car nous les avons démarchés dès le départ, certains bien avant que l’iPhone ne soit annoncé, nous avons donc su acquérir une grande confiance de nombreux grands comptes par l’aspect « avance de phase » que nous avons su leur démontrer. Aujourd’hui nous avons de plus en plus de contacts entrants, car nous commençons a être connus et reconnus sur le marché mobile français, ce qui est pour nous une très belle récompense.

J’ai vu que vous aviez déjà réalisé deux levées de fonds (1 million d’euros en 2008 et 1,3 million d’euros en 2010), qui a investi dans votre entreprise ? Pouvez-vous nous donner quelques détails (chiffres) ?

Effectivement nous avons réalisé ces deux tours de table, le premier pour commencer à aider notre développement technique et multiplateforme, puis le second plus récemment pour finaliser l’industrialisation de nos logiciels mobiles de commerce et fidélité. Les principaux fonds sont Galia Gestion (filiale de la Caisse d’Épargne) et deux fonds institutionnels régionaux.

Notre croissance va plutôt vite, en phase avec le marché, nous sommes aujourd’hui 18, avec des postes de développeurs à pourvoir, nous allons réaliser un peu moins d’un million d’euro de chiffre d’affaire HT cette année, avec de très importantes prises de parts de marché sur des comptes volumineux.

Comment avez-vous eu l’idée de créer FidMe, vous êtes-vous inspiré de la concurrence ? En d’autres termes, est-ce une simple copie de CardStar ?

FidMe est une idée très ancienne dans nos esprits, elle a germé en 2007 dès que nous avons lancé nos premières applications Java (pour le Crédit Agricole et la Banque Populaire), nous avons eu tout de suite l’idée de mettre nos cartes de fidélité dans nos mobiles. La technologie et les Smartphones aidant, nous avons lancé le développement de FidMe. Nous aurions dû sortir l’app un peu plus tôt, mais nos projets clients étant chronophages, nous avons eu un peu de retard. Il est plus qu’important de noter que FidMe couvre plus de 200 terminaux, toutes plateformes, c’est donc une petite prouesse technique au-delà d’une application gadget ! Bien entendu il y a des concurrents, personne ne peut prétendre avoir le monopole ou une antériorité sur une simple idée, le plus important est de le déployer et d’en faire un succès. Dans tous les cas, avec 60 millions de mobiles en France, il y a de la place pour plusieurs services concurrents, et c’est d’ailleurs un bien, car cela pousse à rester au top et à ne pas s’endormir sur ses lauriers !

De nombreuses mises à jour vont arriver dans les prochaines semaines et nous continuons à chercher des fonctions innovantes, voire à pousser sur de nouvelles technologies émergentes.

Pourquoi avoir choisi la publicité comme revenu pour FidMe, plutôt que le prix très rentable de 0,79 € ? Quelle régie de publicité utilisez-vous et quels sont les revenus espérés ?

En fait, il n’y a pas de publicité dans FidMe, et l’application est gratuite.

Cela peut paraître étrange mais nous l’autofinançons et FidMe nous sert d’outil d’aide à la vente pour nos services de fidélité mobile pour marques et enseignes.

FidMe sert avant tout à démontrer nos compétences puisque nous déployons Snapp’fid qui est la solution commerciale de la dématérialisation complète du programme de fidélité des enseignes pour toutes les plateformes mobiles. Cette solution logicielle est la base de notre développement commercial pour les mois à venir, Snapp’fid est la première offre à proposer une solution complète, compatible avec l’ensemble du parc et se connectant directement au SI des enseignes.

Elle répond en quelques fonctions aux problématiques des enseignes qui sont : comment générer de nouveaux clients et comment favoriser le retour en magasin, le tout dans une démarche volontaire , loin des « spams » du marketing direct.

Sur le second axe, Snapp’ propose Snapp’commerce, la solution de portage de service e-commerce sur toutes les plateformes mobiles, pour proposer catalogue, achat, coupons, ventes privées, paiement sur mobile.

iOS et Android : quelle prévision pour l’application sur chacun des deux stores ? L’Android Market a moins de concurrence mais l’App Store est plus populaire (nombre de téléchargements)…

En fait aujourd’hui sans trop de communication nous avons de très bons ratios de téléchargement sur Android Market et sur SamsungApps (Bada), nos prévisions sont assez optimistes, car ces plateformes sont très demandeuses d’applications utiles. Bien entendu, Apple restera la principale plateforme de téléchargement, mais quand on sait qu’il n’y a « que » 4 millions d’iPhone pour 60 millions de mobiles, même de petites parts de marchés sur les autres OS représentent de puissants volumes. Nous avons obtenu la validation semaine dernière FidMe sur l’Appworld de Blackberry et sur Ovi de Nokia, et nous attendons les premiers rapports avec impatience. Parallèlement fidme.fr propose un téléchargement OTA (over-the-air, sans connecter son téléphone à un ordinateur, ndlr) gratuit pour tous les mobiles (+ de 200) et nous apparaissons dans les stores des opérateurs français.

Concernant les applications que vous développez pour des sites d’e-commerce (RueDuCommerce, Cdiscount, etc.) : quel intérêt ont porté ces sites pour l’iPhone ? Est-ce devenu un élément important de leur stratégie de vente ?

Hier le mobile était un gadget, comme internet en 1995. Aujourd’hui le mobile devient une réelle partie de la stratégie multi-canal de ces sites marchands. Quand des leaders peuvent annoncer que le mobile pèse de 1 à 5 % de leur CA annuel, on peut comprendre que développer une application bien faite, avec toutes les fonctions nomades (comparateur de prix, ventes flash, achat in app) peut devenir un élément clef de leur cœur de métier. En cela Snapp’ apporte 5 ans d’expertise multiplateforme et des solutions clé en main, bien plus efficaces et moins onéreuses que les développements trop sur mesure et peu adaptés aux mobiles. Mais le point d’orgue reste la qualité des services et la pertinence des fonctions mobiles. Les acteurs du e-commerce l’ont bien compris maintenant.

Est-il raisonnable de penser construire une entreprise sur le développement d’applications, le marché est-il suffisant ? N’y a-t-il pas une trop grande dépendance vis-à-vis d’Apple pour les ventes sur l’App Store ?

C’est une vaste question et les opinions peuvent diverger. Notre choix a été de nous positionner sur deux types de services spécifiques qui nous paraissent plus que porteurs, fidélité et commerce, et d’en industrialiser le packaging pour le proposer sur tous les mobiles. Ainsi nous sortons du mode SSII (Société de Services en Ingénierie Informatique, ndlr) en devenant éditeur de logiciels mobiles (avec solutions serveurs).

Une question générale sur l’App Store : les commentaires des utilisateurs sur vos applications permettent-ils d’améliorer l’application ? Pensez-vous que le système de notation mis en place par Apple donne une idée juste de sa qualité ?

Très honnêtement, je trouve que le système d’Apple est un contresens. D’un côté les règles de validation des applications sont innombrables, obscures et très strictes. Une application peut être refusée pour une virgule mal placée ! En face de cela, vous voyez un store ou quiconque peut poster la pire (ou la meilleure) des critiques sans la moindre modération, quitte à insulter, diffamer à volonté, et sans aucun moyen de retirer un propos. C’est d’ailleurs amusant de voir la guerre des prestataires dès qu’une application sort : vous avez tout de suite les concepteurs et les amis, puis viennent les concurrents, et à la fin les utilisateurs ! Bref, une vraie pagaille désorganisée pour un service qui se veut initialement quasi élitiste !

En revanche, les retours provenant de l’application elle-même avec des liens du type « votre avis nous intéresse » sont pour le coup très nombreux et riches d’idées, de critiques souvent constructives, et nous prenons en compte la plupart, car les applications n’existent qu’au travers des utilisateurs. Il serait inconscient de ne pas les écouter (nous en sommes tous d’ailleurs).

Le téléphone devient de plus en plus indispensable car il se voit doté de nouveaux usages, il remplace peu à peu le portefeuille (cartes de fidélité, paiement, ou pour des informations autrefois sur un bout de papier), il propose de nouveaux usages d’internet (le succès de Twitter), de nombreux achats se font depuis son téléphone (de plus en plus d’achats sur eBay)… Est-ce que le portefeuille ne va pas tout simplement disparaître (et les cartes de fidélité avec) ? Le développement de téléphones embarquant des puces NFC (Near Field Communication) constitue-t-il un risque ou une opportunité pour votre entreprise ?

Le NFC sera un enjeu majeur des 5 prochaines années, mais cette évolution est « hardware » (matérielle) et demande a ce que le parc soit renouvelé. Il sera plutôt lent pour que les 10 millions d’utilisateurs ayant eu un nouveau mobile hors de prix ces dernières mois choisissent de changer de terminal pour un module NFC qui n’est pas encore déployé dans la vie réelle. En revanche, il convient de commencer à mettre en place de nouveaux usages via le software (apps) et tout cela nous indique la voix. Bien entendu nous faisons partie de l’AFSCM (Association Française du Sans Contact Mobile, ndlr) et somme persuadés de l’avenir a moyen terme des services sans contact. Nokia ou bientôt Apple se positionnent déjà, et nous sommes dans les starting blocks pour innover et proposer des services une nouvelle fois utiles.

La possibilité de badger, de payer, de s’identifier sont clairement des fonctions que nous attendons (presque) tous sur nos mobiles pour nous faciliter encore plus la vie (avec bien entendu les règles de sécurité et de protection de données que nous sommes en droit d’attendre).

Une question sur l’avenir : quelles autres applications envisagez-vous pour le commerce sur mobile ? Envisagez-vous d’autres situations où le téléphone peut faciliter des tâches courantes et allez-vous répondre à ces opportunités ?

Nous sommes à l’aube de nouveaux services dématérialisés, bientôt, des fonctions avancées alliant la géolocalisation, la reconnaissance des profils et les offres commerciales convergeront sur nos mobiles. La clef est de maîtriser ces fonctions, il faut également que les utilisateurs soient maîtres de leurs propres choix et qu’ils aient les bonnes informations au bon moment, en fonction du lieu. Moi, Ici, et Maintenant sont la clef de voûte de la valeur ajoutée des services sur mobile. C’est en ce sens que nous développons nos applications, pour qu’elles soient UTILES.

La dématérialisation des programmes de fidélité et des services e-commerce sera la prochaine étape majeure pour les enseignes, les distributeurs et les sites. La mobilité permettra d’associer un magasin de proximité ou un site à un client identifié. En dépassant la forme des coupons de réduction actuelle, les entreprises pourront augmenter le trafic en magasin ainsi que le panier moyen du consommateur tout en diminuant leurs coûts de communication via des offres dématérialisées en lieu et place des envois postaux.

Lien iTunes vers l’application FidMe de Snapp’

Captures d’écran de l’application dans sa version iPhone


Nous rappelons que cette interview est la propriété exclusive de son auteur. Toute question concernant l’application ou l’entreprise peut être posée à la suite de l’article, sous forme de commentaire. À bientôt !

Dans les catégories : Grand angle

2 commentaires
  1. Très belle application merci beaucoup !

  2. Je m’en vais testé cela ! merci

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